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Accompagner maman et le couple de jeunes parents

Le voici enfin ! J’ai mis très longtemps à rédiger cet article qui est d’ailleurs long. Je l’ai découpé en deux parties : ce premier article traite vraiment du sujet des premiers moments et premières expériences avec bébé. J’y aborde tous les aspects qui me semblent important de connaître à partir du moment où bébé a pointé le bout de son nez.

Voici un petit sommaire pour se retrouver :

 

Détail de la main de mon bébé sur son tapis d'éveil

Faire face à l’arrivée de bébé

Pendant la grossesse, nous sommes focalisés sur cette expérience, sur le moment présent, sur ce qui nous arrive. Nous sommes principalement focalisés sur la maman qui porte l’enfant et préparons du mieux qu’on peut l’arrivée de bébé :

  • préparation à l’accouchement, à l’expérience du corps,
  • préparation psychologique à ce qui va arriver pour le couple,
  • préparation de la chambre de bébé et du premier matériel nécessaire.

Je vous invite à partager ce qu’il en a été pour vous, mais pour ma part, je n’étais pas du tout préparée à ce qui allait se passer après l’accouchement. Les premiers jours, les premières semaines avec bébé. L’impact que ce bouleversement allait avoir sur notre couple. N’ayant pas eu dans mon entourage de jeunes parents, mamans ou bébés, mon éducation sur le sujet s’est limité aux quelques cours auxquels je suis allée de préparation à la naissance (la prochaine fois j’irai à tous les cours assidûment !).

Dans tous les cas, l’arrivée d’un bébé chamboule tout et c’est pourquoi il est primordial d’être accompagné.

Toute aide est bienvenue.

C’est une phrase clé à retenir ! La naissance d’un enfant est une expérience qui se vit pleinement et c’est aussi l’occasion de bousculer tous nos préjugés et toutes nos barrières. C’est un moment privilégié au cours duquel il faut saisir l’occasion de demander.

Lors des premiers rendez-vous avec les sages-femmes, la question qui nous a été posée a été : « Avez-vous de la famille ou des amis proches de chez vous ? ».
Je me demandais pourquoi on nous posait cette question. Un sentiment sautait en moi et disait « Nous sommes bien assez grands pour gérer cela seuls ! ». Je comprends aujourd’hui que ce sentiment est né d’un phénomène de société où chacun tend à prouver qu’il peut (ou doit ? au vu de la société) être indépendant, et en particulier la femme qui, elle, tend à jongler avec plusieurs plans (carrière, famille, féminité, libertés).
Nous répondions « Non » à la question et le sujet n’était pas plus creusé. En vérité, c’est en particulier à l’arrivée de bébé que nous sommes très soulagés d’être entourés par nos familles et nos amis. Ils apportent un soutien matériel et psychologique indispensables pour traverser le chamboulement que nous allons connaître.

Le rétablissement du corps

La mère vit une longue transformation de son corps pendant la grossesse et elle est loin de retrouver son corps de jeune fille dès bébé sorti ! Au contraire, je dirais même que le corps est marqué à vie (c’est encore plus parlant lorsque, comme moi, la mère a eu une césarienne).

Le rétablissement du corps prend un certain temps après l’accouchement. La femme doit prendre soin de son plancher pelvien, de sa circulation sanguine. L’allaitement se met progressivement en place et poursuit d’une certaine manière les transformations du corps, puisque les seins trouvent leur fonction et que les hormones en jeu permettent au corps de récupérer et favorisent l’assoupissement. Des séances de rééducation sont encouragées pour le périnée et les muscles abdominaux profonds.

Cette période de rétablissement est très particulière car, en apparence, la femme est redevenue comme avant : elle n’est plus enceinte, les poumons ont retrouvé de l’espace. Mais en pratique, le muscle utérin met un certain temps à retrouver sa taille et les entrailles sont encore remuées. Il n’y a plus d’abdos pour retenir le ventre, la force physique est toujours diminuée et le soin dû au périnée limite tout effort abusif.

Sans parler du sommeil ! La femme vient à peine de sortir de l’épreuve physique de l’accouchement que le bébé dépend toujours autant de sa mère qu’auparavant dans son ventre. La différence c’est que cela se passe dehors maintenant. Les premiers jours sont difficiles à cause de la disponibilité maternelle demandée.

Les premiers jours, souvent à la maternité, c’est le moment de faire appel surtout au soutien des sages-femmes et auxiliaires de puériculture qui sont là pour ça, et aussi bien sûr du soutien du papa par sa présence, son réconfort avec des mots doux et son écoute.

Une nouvelle organisation à trouver : de 2 à 3

Papa, Maman et Bébé : devenir parents

Nota bene : cet article est né d’une réflexion suite à ma propre expérience où le schéma est « papa, maman et bébé ».

L’arrivée d’un bébé dans un couple chamboule pas mal. C’est à l’arrivée de bébé que le père et la mère deviennent parents et la prise en main de ce nouveau rôle n’est pas évident. Le père découvre l’enfant pour la première fois et fait face à un ensemble de situations, de charges et de tâches tout à coup (en effet, dans la grande partie des cas, on ne sait pas précisément quand bébé arrive).

À partir de ce moment là, les deux apprennent leur nouveau rôle et responsabilité sur le tas. Le nouveau papa est confronté à des situations nouvelles avec le petit être arrivé, mais aussi des situations nouvelles et bien particulières avec la maman. Il y a beaucoup d’inconnu. À cela s’ajoute une grande fatigue psychique et aussi physique (épreuves du corps pour la mère et fatigue pour les deux parents). Il est fréquent et normal de faire face à des disputes (parfois pour pas grand chose !). Prenez le temps de vous reposer dès que possible, même cinq minutes, et prenez le temps de vous poser à deux. C’est dans ces moments là que cela fait beaucoup de bien de pouvoir laisser bébé à d’autres bras, comme ceux des grands-parents ou des tantes.

Baby blues et dépression post-partum

Les premières semaines, voire les premiers mois, il arrive – comme se fut le cas pour moi – de vivre un cataclysme intérieur. Tout repère est perdu, je suis dans une petite barque perdue au milieu d’un océan déchaîné, brouillard à perte de vue et vacarme assourdissant. Il s’agit surtout d’un ensemble complexe de choses intérieures qui remontent des profondeurs de nos entrailles ou de notre passé, d’autres qui apparaissent d’on ne sait où.
J’ai mis un certain temps avant de me dire que j’étais en pleine dépression post-partum. J’emploie d’ailleurs plus ce terme que celui de « baby blues » car ce dernier met en avant bébé alors que, pour moi, ce que j’ai vécu était bien plus personnel et ne concernait pas vraiment mon rapport avec mon bébé en tant qu’individu.
J’étais à fleur de peau, un rien me bouleversait et me faisait pleurer à chaudes larmes. C’est aussi surtout, accepter qu’on n’est plus la même personne qu’avant. Le corps n’est plus et ne sera jamais plus le même, et tu n’es plus seule, tu es liée étroitement et à jamais d’une certaine manière à un autre être, ton enfant. Cette dépression est un sujet complexe et je pense qu’il est intéressant de partager à ce sujet car le peu d’informations que j’ai trouvées sur le net quand j’étais dans ce mal ne correspondait qu’en superficialité à ce que je ressentais. J’écrirai peut-être un jour là-dessus.

Le papa aussi vit des troubles intérieurs, mais il ne s’exprime pas forcément à ce sujet. Il me semble que cela est vécu plus inconsciemment. Si vous lisez cet article et que vous êtes papa, vous êtes encouragés à témoigner et compléter cette partie dans les commentaires !

Il y a donc cette épreuve à traverser en soi mais aussi à deux. Le soutien entre les amoureux est vraiment très important, car même si les deux sont au fond du puits, « ce n’est qu’un moment (plus ou moins long) à passer » et l’éclaircie revient certainement. Il n’est pas honteux non plus, mais plutôt bénéfique, d’en parler à quelqu’un. Cela peut soulager, y compris si vous traversez des crises dans votre couple. Des psychologues sont à l’écoute dans les PMI (centre de protection maternelle et infantile). Je suis allée à une séance et cela m’a permis de me libérer d’un poids, de prendre du recul et de pouvoir aller de l’avant.

Penser à soi et entretenir son couple

Afin de trouver un équilibre sain dans ce nouveau trio, chaque individu doit se centrer, être proche de soi. La femme doit penser à elle : bien se nourrir, réapprivoiser son corps, surmonter les tempêtes émotionnelles et intérieures sur son nouveau rôle, se reposer autant que possible. L’homme doit appréhender également son nouveau statut et ses nouvelles responsabilités. Il doit aussi réapprivoiser son rapport avec sa femme qui n’est plus la même, sur les aspects du corps mais aussi des préoccupations mentales.

Attention, une généralité faite depuis mon expérience : la femme ne souhaite pas être cantonnée à l’étiquette de maman dans le couple. D’où le travail individuel et en couple de retrouver la femme et l’amante en elle.

Sexualité dans le couple

Comme je le disais, il y a une période de réapprivoisement du corps de la femme. Il est très important de prendre tout le temps nécessaire. C’est un sacrifice, un effort ou un don (selon comment vous le voyez) que l’homme fait pour son couple, de voir son désir sexuel passé en arrière-plan. La femme quant à elle doit accepter de ne pas être l’amante dans les premiers temps après l’accouchement. Elle reste à l’écoute de son corps. La communication au sein du couple est cruciale pour reprendre progressivement une sexualité. Il est possible que celle-ci soit différente d’avant.

Le soutien de la famille

Pouvoir compter sur sa famille dans les premiers mois est un avantage. Cela permet de laisser bébé dans des bras de confiance et pouvoir s’échapper quelques heures pour soi, faire une vraie sieste, aller au cinéma, sortir prendre l’air, seule ou en amoureux. De même que la grand-mère ou la tata puissent rester en soirée veiller sur bébé est une opportunité pour se faire un resto ou une sortie avec des amis par exemple. La famille est précieuse, c’est un grand atout quand elle est disponible. De mon côté, même si nos familles vivent loin, nos mères et nos soeurs sont venues pour nous aider quelques jours et cela nous a permis de déconnecter un peu de ce quotidien focus bébé H24. C’est chouette aussi quand on peut éviter de passer plein d’entretiens pour trouver une personne extérieure à qui laisser son bout de chou.
Pouvoir prendre quelques jours de congés pour aller dans la famille est très bénéfique car il a le double point positif de se reposer : sortir de chez soi, du quotidien, de la routine et des tensions et pouvoir laisser bébé en confiance.

Pour une éducation aux soins de la maman et à l’accompagnement des parents

Voici finalement le message clé de cet article, le message que je souhaite vraiment mettre en lumière, cela m’a paru évident au cours de mes lectures et encore plus lors de discussion notamment avec une des soeurs de mon compagnon.

Rappel de lecture sur le zoom que fait Dr. De Gasquet sur le soin à porter au périnée et sur le repos après l’accouchement :

  • rester reposée, on entend la position allongée mais aussi le moins d’effort physique possible (« une maman ne devrait pas porter plus lourd que le poids de son bébé »)
  • faire des bains dérivatifs pour la santé du périnée et la circulation (conseils de grand-mère toujours bien venus !)
  • qu’on prenne soin de la maman qui elle-même prend soin de son petit (dans cet ordre !)
  • soutenir le couple en aidant à la cuisine et aux tâches ménagères :

En approfondissement sur ce dernier point en particulier, voici quelques images que m’a partagé ma belle-soeur qui vit en Allemagne. Elle a trouvé ces images dans un document accessible au cabinet de sa sage-femme.

illustration d'un cliché familial courant : papa en cuisine, maman sollicitéePhoto 1 – situation clichée de la maman qui vient d’avoir un bébé : elle est stimulée, surmenée par un téléphone qui sonne, un écran télé allumé, un livre qu’elle essaie de lire ; le papa fait autre chose, des choses qu’il avait l’habitude de faire avant ; l’aîné des enfants qui cherche de l’attention et la réponse du père occupé « demande à ta mère ».
Proposition de comportement alternatif au cliché : papa cuisine pendant que maman se consacre pleinement à bébé

Photo 2 – situation idéale, voilà à quoi devrait ressembler un foyer à l’arrivée d’un bébé : la mère est concentrée sur l’enfant, le téléphone est débranché, la télé éteinte, la mère n’est pas en stimulation, elle boit une tisane ; le père s’occupe de choses qu’il n’avait peut-être pas l’habitude de faire avant mais dont il doit être en charge (préparer à manger pour la famille, faire les courses, porter les packs d’eau, s’occuper des enfants plus âgés).

Illustration d'un cliché commun à l'arrivé d'un bébéPhoto 3 – situation clichée lors de visites, voici ce qu’on a l’habitude de trouver dans un foyer : justement comme les gens viennent rendre visite à l’enfant, la mère prépare tout, elle fait un gâteau ; les gens apprécient l’enfant.

Comportement alternatif à l'arrivé de bébé : les grands-parents s'occupent des tâches ménagères et des aînés pendant que maman se consacre pleinement à bébé.Photo 4 – situation idéale, la visite : les grands-parents s’occupent des aînés, ils font les tâches ménagères ; la mère reste avec, est toujours concentrée sur le bébé.

Il est intéressant de se rendre compte de ces situations et de faire du mieux pour les renverser et appliquer la version plus idéale et appropriée pour le bien-être de la maman et une approche reposante et non stressante.

Ma belle-soeur me partage dans le même temps le concept allemand des « Zwölf-Wochenbett » : pendant 12 semaines après la naissance, la mère et le bébé tiennent le lit. Certes, certains jours la forme reviendra où tu auras un enthousiasme à faire des choses, mais la « tâche » (si on peut dire ça comme ça) est de rester l’un près de l’autre et d’apprécier le temps qui passe. Il va y avoir plein de chamboulements, de changements, de bouillonnements et d’effusions de vie. C’est un moment particulier.

Un acte appréciable la prochaine fois que vous rendez visite à un couple, une famille qui accueille un nouveau-né est, par exemple, de prendre en charge une partie du repas et de venir avec  quelque chose que vous aurez préparé (une salade, une tarte). Ce genre de démarche pour chaque visite reçue changerait sensiblement le vécu de la maman, et indirectement celui du bébé, pendant ces « douze semaines du lit ». Notez bien : les plats chauds et cuisinés sont bien venus ;P

La cuisine est un bon vecteur pour prendre soin et montrer son affection à quelqu’un.

Une attention collective

Un autre aspect d’éducation collective que je souhaite aussi soulever est un appel au bon sens des gens dans les transports en commun ou espaces publics à aider les jeunes parents accompagnés de leur nouveau-né :

  • céder les emplacements réservés aux poussettes dans les trams et les bus,
  • aider à monter ou descendre les escaliers avec la poussette,
  • laisser l’accès aux ascenseurs aux personnes prioritaires.

 

~

Nous voici à la fin de cet article. Merci à tous ceux qui auront lu jusqu’au bout.
Je pense vraiment que ce sont des sujets très importants à aborder et qui sont bien souvent méconnus ou inconscients.
Comme annoncé au début de l’article, celui-ci aura une suite pour « la deuxième partie du début de la nouvelle vie », entendez par là la reprise du travail et la vie sociale avec un nouveau-né.

À bientôt !

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